Au cours de sa carrière, Kathie King a atteint le grade de sergente d’état-major de la GRC. À la retraite, elle fait du bénévolat pour son hôpital local, comme on le voit sur la photo ci-dessus, et pour Retraités fédéraux. Photo : Avec l’aimable permission de Kathie King
Dire à une jeune personne que, il n’y a pas si longtemps, tous les agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) étaient des hommes peut susciter le même regard incrédule que lorsque l’on explique comment, dans le passé, on répondait au téléphone sans savoir qui appelait ou, encore, que les gens fumaient autrefois à bord des avions.
La police nationale du Canada est demeurée exclusivement masculine, pour ainsi dire, jusqu’en 1974, année où « la toute première troupe de femmes membres » a été engagée, explique Kathie King. Lorsque la deuxième troupe de femmes s’est jointe à la GRC quelques mois plus tard, Mme King se tenait fièrement parmi elles.
« Une troupe comptait 32 membres », précise Mme King, qui faisait partie de la troupe 36-74/75. « Nous avions des membres venant de la ColombieBritannique jusqu’à Terre-Neuve, ainsi qu’une des Territoires du Nord-Ouest. » Les gendarmes masculins les ont-elles acceptés?
« J’avais 19 ans et je pense que, à cet âge, l’ignorance est parfois une bénédiction », raconte Mme King, qui vit à Brandon, au Manitoba, non loin de son lieu de naissance, Elgin, au Manitoba. Il y avait parfois des difficultés, se souvientelle, mais elles survenaient souvent dans des collectivités plus vastes, généralement rurales, où « personne n’avait encore vu de policières ».
En voici un exemple : « Un jour, j’ai répondu au téléphone à mon premier détachement et quelqu’un signalait un accident. J’ai donc dit : “Eh bien, je vais passer et examiner les dommages”, et la personne au bout du fil, qui était un homme, a répondu : “Peut-être devriezvous envoyer l’un des gars.” »
Aujourd’hui, environ 22 % des agents de la GRC sont des femmes, et deux commissaires ont été des femmes. « Nous avons des femmes membres à tous les échelons de la GRC », affirme Mme King, qui a gravi les échelons au cours de sa carrière.
Après 11 ans dans des détachements des Prairies, elle a été affectée aux Services des crimes majeurs, qui prennent en charge les enquêtes épineuses (à l’extérieur des grandes villes), comme les homicides ou les violences sexuelles sur des enfants. En 2001, elle est devenue membre du premier Groupe contre l’exploitation des enfants sur Internet de la GRC, qui était intégré.
Les détails et le matériel consultés étaient tels que des consultations psychologiques étaient obligatoires pour les membres du groupe. « Nous avons toutefois constaté que le taux de réussite pour retrouver les personnes accusées, ainsi que les taux d’arrestation et de condamnation, étaient très élevés, ce qui procurait une grande satisfaction professionnelle. »
En 2003, Mme King a été promue sergente d’état-major et superviseure principale des opérations d’enquête pour les Services des crimes majeurs au Manitoba, puis elle a pris sa retraite en 2010.
Elle aime voyager et le fait souvent avec son amie Ruby Burns, une membre retraitée de la GRC établie à l’Île-duPrince-Édouard. Mme King énumère certains des endroits qu’elle a visités, comme des diapositives défilant dans un projecteur : Madrid, Paris, Londres, le Portugal, l’Allemagne et d’autres encore, souvent axés sur l’histoire. Elle s’est rendue à Juno Beach et Au champ d’honneur, et la crête de Vimy figure sur sa liste de souhaits. Sa prochaine destination est toutefois l’Écosse, « et nous verrons ensuite où nous irons ».
Ce n’est pas que voyages et tourisme, mentionne-t-elle. « J’ai constaté que, à la retraite, on a toujours besoin d’un but. »
Elle est donc secrétaire de la Section de l’ouest du Manitoba de Retraités fédéraux. Elle fait du bénévolat dans un hôpital local « simplement pour aider les gens à se rendre à l’endroit où ils ont besoin d’être dans l’hôpital ». Son autre travail bénévole met plus directement à profit l’expertise qu’elle a acquise au fil de décennies de lutte contre le crime. Elle siège au conseil d’administration du Centre canadien de protection de l’enfance et agit comme consultante de la GRC pour le Portail canadien en soins palliatifs.