Choisir le bon animal de compagnie

31 mars 2026
Un homme regardant affectueusement son golden retriever
Un sondage Ipsos réalisé en 2025 a révélé que 80 % des Canadiens de plus de 55 ans ayant un compagnon à fourrure ou à plumes ont déclaré en retirer des bienfaits sociaux et émotionnels. Sage propose quelques conseils pour faire le bon choix.
 

M. Fritz est un grand voyageur qui a l’habitude de remplir son bol d’eau et d’accompagner ses humains lors de virées routières en Colombie-Britannique, au Yukon et sur la côte est du pays. Âgé de 15 ans, ce terrier cairn-schnauzer nain s’installe au fond du véhicule familial ou se perche sur la console pour observer le paysage qui défile.

Peu importe où ils se trouvent, « Nous sommes ses compagnons et il est le nôtre », dit Dennis Brock, retraité depuis 2003 de Pêches et Océans Canada, où il était directeur général de la Direction de la conservation et de la protection. Il vit aujourd’hui avec son épouse, Darlene Brock et M. Fritz dans la région de Golden Lake, dans l’est de l’Ontario. « Darlene et moi n’avons pas d’enfants, alors il représente ce qui s’en rapproche le plus. »

Comme beaucoup de retraités, les Brock chérissent leur animal et les bienfaits mutuels de cette relation. Et, comme d’autres personnes, ils savent aussi qu’un animal exige du temps et un engagement : on ne peut l’adopter un jour et le rapporter au magasin le lendemain si on n’est pas satisfait.

Que faut-il savoir si vous envisagez d’accueillir un chien ou un chat, ou une perruche, voire un python royal dans votre vie?
 

Quelques bienfaits des animaux de compagnie

Qu’il s’agisse d’observations personnelles ou de recherches solides, il est clair que les animaux peuvent améliorer notre vie.

En fait, selon un sondage Ipsos de 2025, 80 % des Canadiens de plus de 55 ans ayant des animaux de compagnie mentionnaient l’amélioration de leur bien-être social et émotionnel.

Cette amélioration devient particulièrement importante avec l’âge, alors que notre cercle social se rétrécit et que la solitude peut s’installer. « Avoir un animal peut aider à contrer cela », explique Lisa Chance, bénévole en Nouvelle-Écosse et membre du conseil d’administration d’ElderDog Canada, un organisme national à but non lucratif qui soutient les aînés ayant un chien et les chiens âgés. « Beaucoup de gens m’ont déjà dit quelque chose, comme “ce chien est mon seul parent encore en vie.” »

En exigeant des soins et de l’attention, tout animal introduit aussi une routine et un sentiment de but dans notre quotidien, produisant une stabilité bienvenue lors de l’importante transition qu’est la retraite.

La santé cardiovasculaire, le tonus musculaire et les liens avec le monde extérieur se renforcent tous lors de promenades au parc ou d’un simple tour du pâté de maisons avec un chien.

Passer la main sur un chat, un lapin ou un autre animal réduit temporairement l’anxiété de beaucoup — pour celui qui caresse comme pour celui qui est caressé — et au moins une étude récente a montré que, en vieillissant, le fait d’avoir un animal de compagnie aide à maintenir certaines fonctions cognitives, dont la mémoire et le langage.

Moins quantifiable, l’amour inconditionnel agit comme un formidable moteur de bien-être, qui opère clairement dans les deux directions, comme en témoigne bien le ronronnement satisfait d’un chat blotti sur des genoux aimants.

Les oiseaux de compagnie ne font pas exception au désir de relation entre humains et animaux, selon Sophie Hébert Saulnier, vétérinaire montréalaise spécialisée en oiseaux et animaux exotiques.

« Ils essaient vraiment d’entrer en relation avec vous; parfois avec des mots. Mais même sans mots, ils peuvent communiquer beaucoup. Et ils ont une capacité émotionnelle leur permettant de développer un lien très profond. »

Bien que les reptiles ne communiquent pas comme les oiseaux ou d’autres animaux de compagnie, elle affirme que certains apprennent à associer leur propriétaire à la nourriture et s’approchent de la personne. Il ne s’agit pas d’un lien très poussé, mais cela peut très bien convenir à certaines personnes.
 

Les réalités d’un animal à la maison 

Même si les aînés reconnaissent les avantages d’avoir un animal de compagnie — comme l’indiquait le sondage Ipsos —, seuls 4 % des Canadiens de 55 ans et plus en possèdent un. Le coût, la logistique et la durée de vie de l’animal expliquent en partie cette faible proportion et ces critères méritent mûre réflexion.

Les animaux coûtent cher. Selon l’Association vétérinaire de l’Ontario, un chat coûte plus de 1 700 $ par année, sans soins dentaires ni assurance. Pour un chien, toujours sans soins dentaires ni assurance, la facture grimpe à environ 2 300 $.

M. Fritz, par exemple, a subi quatre chirurgies dentaires au fil des ans, qui leur a coûté environ 10 000 $, mentionne M. Brock (« Il vaut chaque cent! », lance Mme Brock.).

Même un oiseau entraîne des frais non négligeables, précise Mme Hébert Saulnier. Les soins vétérinaires s’élèveront à 150 $ ou plus par an, les premiers achats — une cage, de la nourriture de qualité, des jouets et d’autres articles nécessaires — varient de 400 à 600 $.

« Nous voyons de plus en plus de gens demander du financement pour des soins vétérinaires essentiels à la survie de leur animal », souligne Dawn Campbell, travailleuse sociale vétérinaire à la Vancouver Humane Society. « Il est vraiment important de vérifier les programmes communautaires en place et les filets de sécurité disponibles. »

Les animaux peuvent aussi compliquer les déplacements, provoquer des allergies chez les visiteurs et faire des dégâts à l’occasion.

Autre mise en garde : si certains animaux vivent peu longtemps, ce qui implique d’ailleurs un deuil pour leurs humains, les chats ont une longévité de 15 à 20 ans et les calopsittes élégantes peuvent dépasser cela d’une dizaine d’années. Êtes-vous prêt à cet engagement ou, au minimum, à prévoir un plan de relève si vous ne pouvez plus vous en occuper?
 

Choisir votre animal

Certains affectionnent les chiens, d’autres les chats. D’autres encore préfèrent les lapins, des animaux câlins et joueurs. On peut les dresser à utiliser un bac à litière, mais ils sont également des animaux sociaux qui s’épanouissent mieux en duo. Doux et très intelligents, les rats domestiques sont populaires auprès des enfants, mais ils ne vivent que deux ou trois ans.

Quelle que soit votre préférence, quelques règles de base s’imposent. Combien de temps pouvez-vous consacrer à votre animal? Quel est votre cadre de vie? Êtes-vous prêt à accepter certains dérangements?

Selon la race, les chiens peuvent exiger beaucoup d’espace, d’attention et d’exercice. Le dressage, qui est exigeant et coûteux, mais un excellent moyen de créer un lien solide, est indispensable pour les chiens actifs et recommandé pour tous.

Beaucoup d’aînés privilégient un chien de petite taille, souligne Mme Chance, citant la popularité des shih tzus, une race loyale et affectueuse. Et, au lieu d’un chiot débordant d’énergie, un chien adulte peut aussi être un meilleur choix.

Les chats s’adaptent bien à la vie intérieure, y compris en appartement, pourvu qu’ils aient des jouets et un peu d’espace pour gambader. Ils peuvent aussi se montrer délicieusement impériaux : « Il nous mène plus que nous le menons », plaisante Jean Haché à propos de Pilou, le chat tigré roux de 11 ans qui daigne vivre sous le même toit que lui et son épouse, Heather Jamieson.

Ancien sous-ministre adjoint à la région des Maritimes de Pêches et Océans Canada, M. Haché souligne que les exigences minimales de Pilou (« tant qu’il est nourri et qu’il a sa litière, tout va bien ») et son tempérament agréable en font un « choix parfait » pour un couple de retraités.

Les oiseaux comme les calopsittes élégantes ne sont que partiellement domestiqués, explique Mme Hébert Saulnier. 

Leur comportement parfois sauvage, comme mâchouiller des objets ou pousser des cris lorsqu’ils sont laissés seuls, peut ne pas convenir à certains foyers. Ils doivent aussi pouvoir voler librement dans la maison au moins une heure par jour.

Il ne faut pas oublier non plus que, si la routine qu’impose un animal structure notre journée, elle structure aussi la sienne et contribue à son sentiment de sécurité.

Lorsqu’on réfléchit à l’animal idéal, « il faut être honnête avec soi-même et vraiment songer à son mode de vie », conseille Mme Campbell. « Nous faisons entrer dans notre vie un animal qui dépendra entièrement de nous, et nous devons être en mesure de répondre à ses besoins. »

M. Brock de renchérir : « Si les gens adoptent un chien, un chat [ou un autre animal], ils doivent être prêts à faire certains sacrifices pour lui. Ce n’est pas une décision à prendre à la légère. »
 

Cet article a été publié dans le numéro du printemps 2026 de notre magazine interne, Sage. Maintenant que vous êtes ici, pourquoi ne pas télécharger le numéro complet et jeter un coup d’œil à nos anciens numéros aussi?