Innovations dans les soins aux aînés

02 juin 2016
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Notre agente de la défense des intérêts et des politiques en matière de santé et experte sur les prestations à l’interne, Louise Bergeron, a assisté à la conférence de Hill Times sur les innovations dans les soins aux aînés le 2 juin pour recueillir de l’information pour nos membres. Voici son compte-rendu :

 

 

L’innovation semble être la nouvelle expression à la mode dans les soins de santé de nos jours. Les médias et les conférences sur les soins de santé ne cessent de l’utiliser pour attirer l’attention. Il se peut que cela découle duRapport du Groupe consultatif sur l'innovation des soins de santé de juillet 2015 soulignant qu'il faut innover pour améliorer le système de soins de santé canadien. Cette expression à la mode a également été adoptée par la ministre fédérale de la santé, la Dre Jane Philpott.

 

Le Dr Chris Simpson , ancien président de l'Association médicale canadienne et champion d’une stratégie nationale pour les aînés, nous a informés des défis auxquels il fait face en tant que médecin dans la prestation de soins à ses patients aînés. Il a fait ressortir la nécessité des dossiers médicaux électroniques exhaustifs, afin d'obtenir un portrait médical complet de la personne admise à la salle d’urgence. Il voit aussi l’obligation pour le système et les fournisseurs de soins de santé de progresser vers un continuum de soins de santé coordonné, plutôt que la pratique standard actuelle consistant à donner des soins de manière isolée. Essentiellement, le statu quo ne peut pas continuer.

 

La conférence comprenait deux séances de discussion en petits groupes : l’une était consacrée aux innovations technologiques et l’autre, à laquelle j’ai participé, a traité à fond de l’innovation en matière de procédures, examinantde meilleures pratiques et des modifications aux politiques pour favoriser des changements novateurs dans les pratiques procédurales. Ma décision de participer à cette séance reposait sur le fait que je crois qu’il est tout à fait possible d’apporter des modifications aux politiques appuyant des changements novateurs dans des procédures opérationnelles. Je désirais entendre des idées sur la façon précise dont cela pourrait être réalisé selon des experts dans le domaine. J’étais ravie de voir que Nadine Henningsen, directrice générale de l’Association canadienne des soins et services à domicile, qui est également une panéliste à l’assemblée annuelle des membres de l'Association des retraités fédéraux la semaine prochaine, prendrait la parole. En général, les experts s’entendaient sur le fait qu’un travail d’équipe serait nécessaire pour offrir un continuum de soins coordonné pour les aînés à l’avenir et qu'il faudrait adopter et transmettre de meilleures pratiques pour obtenir des soins optimaux pour les aînés de partout au Canada.

 

À mon avis, Christine Power, directrice générale de l’Institut canadien pour la sécurité des patients qui faisait partie du panel de la séance plénière sur System Design: Health Systems Integration (Conception du système : intégration des systèmes de santé), a prononcé la citation la plus mémorable de la journée. Elle a décrit le système de soins de santé canadien comme un cheval mourant et a demandé pourquoi nous montions toujours celui-ci. Évidemment, les personnes qui œuvrent dans le système de soins de santé sont clairement frustrées par son manque de fonctionnalité.

 

 

Bill Tholl, président fondateur et président et chef de la direction deSoinsSantéCAN, a parlé d’idées intéressantes sur la façon dont le gouvernement fédéral pourrait financer les provinces qui ont un pourcentage plus élevé d’aînés pour aider à compenser les coûts découlant de la croissance des besoins en soins de santé de ce groupe démographique. Il n’était pas d'accord sur le changement de la formule du Transfert canadien en matière de santé qui est basé sur un transfert égal par habitant. Il propose plutôt qu’un paiement d’appoint de 25 % soit donné aux provinces qui ont un pourcentage plus élevé d’aînés. Tous les panélistes convenaient qu’il faudrait que les provinces rendent compte de l’argent qui leur est transféré par l'entremise du Transfert canadien en matière de santé à l’aide de rapports exhausatifs. Actuellement, les provinces ne sont pas obligées de faire rapport de la façon dont ces dollars destinés aux soins de santé sont dépensés, et cet argent est parfois utilisé pour couvrir d’autres dépenses gouvernementales.

 

 

À la fin de cette journée, il était clair pour moi que nous montons réellement un cheval mourant, mais une vision de ce qui le remplacera est à l’horizon. Les aînés doivent également participer à cette conversation et se faire entendre pour s’assurer que toute nouvelle vision reflète leurs besoins et préoccupations. Après tout, et ce n’est peut-être pas évident pour tout le monde, mais les aînés sont au bout du compte les mieux placés pour parler des soins qu’ils reçoivent dans le système de soins de santé.