Planifier pour les animaux de compagnie

Himani Ediriweera
 
 Chat et chien jouent ensemble


Au décès de Leona Hemsley en 2007, une magnate de l'hôtellerie, milliardaire et recluse, Trouble, son terrier maltais grand habitué d'opulence, a hérité de neuf millions de dollars, ce qui faisait de lui le chien le plus riche du monde à l'époque. Mais cela n'est rien comparé à Gunther IV, un chien à qui son père, un berger allemand du nom de Gunther III et seul héritier de la comtesse allemande Karlotta Liebenstein, avait laissé 90 millions de dollars. Même les chiens d'Oprah Winfrey seront comblés de richesses à son décès, plus exactement 30 millions de dollars.

Toutefois, il n'est pas donné à tout le monde de léguer des millions de dollars à son animal de compagnie. Habituellement, la plupart des propriétaires de ces animaux ne peuvent tout au plus que leur donner un standard de vie égal lorsqu'ils ne sont plus en mesure de s'occuper de ceux-ci.

Aux É.-U., 40 États ont adopté des lois qui rendent légitimes les fonds en fiducie pour animaux de compagnie, mais la législation canadienne tarde à prendre le pas.

Au Canada, il n'est pas possible de laisser un héritage à son fidèle compagnon, car les animaux de compagnie sont considérés comme un bien. Même s'ils ont des émotions et des personnalités, s'ils partagent nos lits et nos vies, les animaux de compagnie sont un bien, tout comme un précieux héritage ou de l'argent, et font partie de votre succession. Vous pourriez considérer votre animal comme un membre de la famille, mais le système juridique ne le voit pas de cet œil.

Il est facile de penser que vous survivrez à votre animal domestique, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Par conséquent, il est essentiel de prendre des arrangements pour votre animal de compagnie, au cas où vous tombez gravement malade soudainement ou que vous décédez prématurément. La planification successorale est une façon de le faire. Sans une telle planification, votre animal de compagnie pourrait être abandonné ou aboutir au refuge local.
 

Les Canadiens se soucient de leurs rejetons à fourrure

À l'évidence, nous nous soucions de nos fidèles compagnons. Selon un rapport publié par BMO, 89 % des répondants ont indiqué qu'ils considéraient leur animal de compagnie comme un membre de la famille. Lorsqu'on leur a demandé s'ils estimaient qu'il était important de prendre des dispositions pour assurer la continuité des soins à leur animal, 76 % des propriétaires canadiens d'un animal de compagnie ont affirmé que c'était le cas. Toutefois, seulement 33 % d'entre eux avaient pris des mesures formelles ou informelles, et à peine 7 % l'avaient inclus dans leur planification successorale.
 

La triste réalité

Alors, quel pourrait être le pire sort de votre compagnon à fourrure ou à plumes si vous n'avez pas pris de dispositions dans votre testament? Un autre membre de la famille ou un ami pourrait confier votre animal bien-aimé au refuge local. Il est important de garder à l'esprit que tous ne partagent pas votre amour des animaux. Si vous n'avez pas prévu ou pris des dispositions pour qu'une personne de confiance et bien disposée assume la responsabilité de votre chien ou de votre chat, celui-ci pourrait mourir avant son heure, en tant qu'animal non désiré dans un refuge.
 

Comment vous assurer qu'on prend soin de votre animal de compagnie bien-aimé en cas d'urgence?

Voici quelques possibilités :

  • Léguez un héritage financier à la personne qui prendra soin de votre animal de compagnie, pour compenser les coûts nécessaires à sa prise en charge. Dans ce cas, il est important de tenir compte des coûts grandissants de la responsabilité d'un animal de compagnie, comme la nourriture, les gâteries et les soins vétérinaires. Assurez-vous de laisser assez d'argent pour que votre animal de compagnie puisse avoir un style de vie semblable à celui que vous lui offriez. La perte d'un être cher est très stressante pour votre animal de compagnie, alors facilitez la transition le plus possible.
  • Mettez sur pied un fonds en fiducie pour animal de compagnie. Vous devez choisir une personne pour prendre soin de votre animal, et lui donner des conditions à respecter. Votre animal de compagnie ne peut pas être l'héritier. De plus, vous devez vous assurer qu'il y a assez d'argent pour qu'il soit pris en charge.
  • Si l'idée de verser des fonds d'avance à la personne que vous pourriez choisir vous rend mal à l'aise, prévoyez qu'un mandataire fasse des paiements à intervalles réguliers pour assumer tous les coûts nécessaires. Assurez-vous de tenir compte des coûts grandissants des soins liés à la prise en charge d'un animal de compagnie.


D'ici à ce qu'une législation soit adoptée au Canada pour définir les animaux de compagnie à titre d'héritiers officiels, assurez-vous de prendre des dispositions pour votre ami à fourrure dans votre héritage. Cela diminuera la probabilité qu'il soit abandonné ou euthanasié. Ne le laissez pas tomber.