Le chien, meilleur ami de l’homme

Janice Dickson
 

A woman with a dog.
 

Il l’a surnommée son « petit ange ». Pour Dan Drapeau, — un vétéran survivant de traumatisme, Kenya est plus qu’une chienne d’assistance et beaucoup plus qu’un animal de compagnie. Elle est sa bouée de  sauvetage.

« Viens ici ma fille, viens ma petite », lance- t-il à sa jeune chienne, une labrador golden retriever de trois ans, main tendue vers elle. Celle-ci traverse le salon en trottinant doucement jusqu’à lui. Dan et sa compagne Céline sont attablés dans la salle à manger.  Ils vivent dans une maison douillette à Orléans, en banlieue d’Ottawa. Dan gratte la tête de Kenya en souriant, montrant avec la fierté d’un père les quelque 80 commandes auxquelles la chienne sait  obéir.

Dan souffre de trouble de stress post- traumatique (TSPT), à cause de son service militaire au Moyen-Orient et à Chypre, dans les années 1970. Il s’est procuré Kenya au Canine Assistance Rehabilitation Education and  Services  (CARES), à  Kansas-City, aux États-Unis, après qu’un autre vétéran lui ait parlé de ce programme.

Avant l’arrivée de Kenya dans sa vie, Dan avait, dans ses propres mots, touché le fond. Des terreurs nocturnes et des flashbacks lui faisaient revivre ses expériences de guerre, le gardant éveillé et le faisant souffrir. Il ne sortait pas. Sa santé se détériorait.

Kenya a tout changé. Aujourd’hui, lorsqu’un cauchemar  commence,  sa  chienne  lui lèche la main pour le réveiller. S’il oublie de surveiller son diabète, elle sait percevoir s’il commence à ressentir un malaise et  elle le pousse du museau pour lui rappeler de vérifier sa glycémie. Elle est à la fois son infirmière, sa thérapeute et sa meilleure amie.

« S’il sort faire une marche avec elle et  qu’il se perd, il n’a qu’à lui dire “rentre à la maison” et elle le ramène », explique Céline, ajoutant que l’influence de Kenya semble avoir sorti son mari de la période noire ramenée de son service à  l’étranger.

« Cela fait deux ans que nous avons cette chienne et les enfants constatent une énorme différence chez leur père. Son humeur a changé. Il est plus détendu qu’avant. »

Les animaux ont cette capacité de transformer la vie des gens meurtris par une crise ou un deuil. L’universalité de la « thérapie par les animaux » est sa caractéristique la plus remarquable. Presque tous, partout dans le monde, nous répondons à un animal.

« La thérapie par les animaux peut aider à diminuer l’anxiété, l’isolement et l’ennui », affirme Karen Hirshfeld, praticienne professionnelle en chef des loisirs thérapeutiques au Baycrest Health Sciences, à Toronto, un centre spécialisé dans le traitement de la démence et les soins aux aînés. Baycrest propose un programme de thérapie par les animaux depuis plus de 20 ans. Chaque semaine, des bénévoles apportent des chiens (et un chat) au centre Baycrest pour des séances hebdomadaires auprès des résidents.

Selon Karen Hirshfeld, les animaux parviennent à faire sortir ses patients de leur coquille. « Nous constatons qu’il se produit beaucoup de choses à ce moment-là, notamment, leur humeur s’améliore. Nous remarquons plus d’interactions… Les gens peuvent socialiser et se remémorer des souvenirs. Nous voyons des personnes qui ne font pratiquement aucune activité interagir avec un chien. »

« Nous constatons une plus grande sociabilité; les gens parviennent à mieux communiquer. »

Comment les animaux parviennent-ils à rejoindre ceux qui, à cause d’un traumatisme ou d’un mal neurologique, ne veulent pas parler de ce qui les fait souffrir ou en sont incapables? La réponse se trouve  dans l’origine de la domestication du chien, il y a de cela plusieurs milliers d’années. Encore aujourd’hui, les animaux communiquent sans les mots, permettant ainsi aux gens la possibilité de surmonter leurs défis sans nécessairement en parler.

 

L'article complet est paru dans le numéro du printemps 2016 de Sage.